Paris Web, jamais deux sans trois

Pour la 3ème année consécutive, j’ai pu assister à la conférence Paris Web.

Chaque année est différente, puisque la première fois, j’avais fait un atelier avec Victor Brito et dévoilé mes talents de gameuse. La deuxième fois, j’animais une conférence de 40 minutes.

Cette fois-ci, je suis venue en auditrice, mais j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour faire le marathon du lightning talk. Voici mon retour sur cette 11ème édition.

Cet article n’a pas pour vocation de résumer de quoi parlaient les conférences, puisqu’une pléthore de personnes ont déjà rédigé des compte-rendus : Paris Web 2016 : ils en parlent !.

L’accueil

Paris Web est réputée comme étant la conférence accessible, puisque :

  • les conférences sont traduites en langue des signes française, LSF,
  • dans la salle principale, la vélotypie retranscrit tout ce qui se dit,
  • des casques sont proposés pour écouter la traduction française des conférences anglophones.

Il semblait que ma chienne Isba se souvenait du chemin, car elle m’a emmenée direct jusqu’à la porte d’entrée du Beffroi. Et à peine cette porte franchie que Jean-Philippe dit @oxymore, m’accueillait en m’expliquant qu’il était chargé d’aider les personnes accompagnées de cannes, de chiens, de fauteuils, d’appareils auditifs ou autres compensations leur rendant la vie plus facile.

Les étudiants, embauchés pour l’occasion, et toute l’équipe organisatrice de la conférence étaient très à l’écoute et disponibles.

Nous avions également reçu le programme de la conférence au format électronique bien à l’avance.

Les conférences

Parmi les conférences qui m’ont le plus intéressée, il y avait celle de @thibaultj : Anatomie d’une désintoxication au Web sous surveillance. Il s’agissait d’une thématique que je connaissais peu et j’ai donc pu en apprendre un peu plus sur le sujet.

DIY Mobile Usability Testing, animé par @belenpena et @bernardtyers était une démonstration en direct du test d’une application pour smartphone de l’aéroport de Paris. Bien que le débit fut très rapide, l’intervention spontanée d’une personne du public qui a fait les tests en direct était une démarche très intéressante.

Une troisième conférence (puisqu’on en est au chiffre 3), traitait de l’audio :
L’audio n’a pas dit son dernier mot par @carinefillot. Lors de cette conférence, nous avons pu apprendre qu’il existait un système de tchat audio, où les participants n’échangent que par des messages sonores.

Les ateliers

Il a été difficile, le matin, de faire un choix, puisque les trois ateliers proposés me semblaient très techniques.

Je me suis finalement décidée pour l’atelier : Programmer ou être programmé ! : Quelles méthodes pédagogiques et technologies pour une éducation numérique accessible à tous ? par @wleloutre et @Herisslight de la Coding School.

Au cours de cet atelier, nous avons appris à développer une application avec une interface qui était malheureusement inaccessible, puisque tous les boutons étaient sans texte alternatif et la structure des pages n’était pas évidente. Cependant, les formateurs n’ont pas été intimidés par l’accueil d’une personne qui ne voyait pas l’écran et ont tout fait pour que je puisse suivre. J’ai même eu le plaisir de « souder » une pile et un led afin de constituer un joli petit badge.

Le second atelier auquel j’ai participé a été animé par @iamhiwelo. Il était intitulé : Le Web et les troubles de l’attention : immersion dans un handicap invisible.

Le handicap de Damien ne se voit pas, mais beaucoup de choses sur le web lui rendent la consultation difficile. Parmi les nombreux obstacles qu’il a évoqués, citons :

  • l’apparition de pop ups ;
  • les images qui n’ont rien à voir avec le texte ;
  • les liens « cliquez ici » ;
  • les phrases à double sens...

Un certain nombre de choses qui l’empêchent de naviguer sont aussi une plaie pour les personnes avec une déficience visuelle.

Le dernier atelier était animé par @eaboaf_, aidée de @oxymore, et parlait de Pourquoi s’attaquer à l’accessibilité numérique ?.

Emmanuelle a impressionné tous les assistants, car elle a fait ses démonstrations d’accessibilité grâce au lecteur d’écran NVDA, alors qu’elle n’entend rien du tout et ne peut comprendre ce que dit la synthèse vocale que grâce à la « visionneuse de parole », qui affiche à l’écran ce qui est prononcé.

Cet atelier a permis aux participants d’avoir de très bons échanges sur l’accessibilité et de sensibiliser les personnes qui ne connaissaient pas la question.

Les lightning talks

Ces mini conférences sont un vrai défi puisqu’il faut traiter un sujet de son choix en quatre minutes chrono. Nous étions 7 participants et avons tous ou presque, tenu notre temps.

Le sujet que j’avais choisi de traiter était les frustrations et joies du quotidien lorsqu’on surfe sur le web et qu’on est aveugle (diaporama de la présentation).

Le temps était trop court pour tout évoquer, mais la plus grande frustration a été de ne pas pouvoir afficher mon diaporama correctement, tout simplement parce que la loupe Windows s’était déclenchée après l’appui sur un malencontreux raccourci clavier. Puis, après résolution du problème, c’est le son qui a disparu ! On s’en est finalement sortis, grâce à la patience des participants, des animateurs et du public : merci à eux !

Et le reste ?

Cette conférence fut à nouveau l’occasion de revoir des personnes connues, lors des pauses, des repas et de l’apéro communautaire auquel j’assistais pour la première fois. Ce dernier m’a permis, avec quelques collègues d’Access42, d’échanger avec les autres sur l’accessibilité et le web en général.

Et si comme toujours l’accessibilité est au rendez-vous, on voit aussi beaucoup d’animaux chouchoutés ! Isba est toujours bien accueillie. À l’atelier de Willy et Olivier, on se jetait une licorne en peluche afin de se présenter. Et cyberbaloo_, s’est promenée avec un superbe costume d’ours !