Saignées obliques dans un mur non porteur (1/2) : accessibilité et conformité

Photo 369
Photo 369

Par Tournachon (travail personnel), sous licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Série de deux articles sur le délicat sujet de la prise en compte de l’accessibilité numérique dans un contexte de complexification des normes du Web. Cette première partie fait une comparaison avec la sécurité dans le bâtiment, et les choix à faire dans un budget limité.

Cet article est divisé en 2 parties :

  1. Saignées obliques dans un mur non porteur 1/2 : accessibilité et conformité (ci-dessous).
  2. Saignées obliques dans un mur non porteur 2/2 : conformité et gestion des risques (publiée le 17 mars 2016).

Préambule

Quand on parle du Web, on fait souvent des comparaisons avec le bâtiment. On y trouve par exemple traitée l’architecture de l’information, la question des infrastructures réseaux, et on parle même aujourd’hui d’urbanisation pour certains systèmes d’information. Comment se situe l’accessibilité numérique dans tout cela ?

Contrairement au bâti, il ne s’agit pas de mettre des ascenseurs ni des rampes d’accès. C’est plutôt le travail des constructeurs de technologies d’assistance.

Les règles d’accessibilité seraient plutôt à rapprocher des règles de sécurité.

Prenons un exemple concret.

Les saignées obliques

Vous avez dans les normes de construction [1] des règles très précises relatives à ce qu’on appelle les « saignées » qui servent à faire courir les câbles dans les murs, notamment à destination des électriciens. Je cite quatre règles de base :

  1. dans un mur non porteur (une cloison), pas de saignées obliques ;
  2. pas de saignées verticales dans le même axe ;
  3. pas de saignées horizontales de plus de 50 cm ;
  4. pas de saignées horizontales sur les faces opposées d’un même mur.

Ces quatre règles n’ont qu’un très lointain rapport avec l’électricité et n’ont aucune influence sur la performance ou le fonctionnement du circuit d’alimentation. Elles n’ont qu’une seule vocation essentielle : minimiser le risque que la cloison s’effondre, fragilisée par des saignées mal réalisées.

Un professionnel conscient des risques, d’autant plus que ces risques ne concernent pas son cœur de métier (l’électricité), ne devrait jamais déroger à ces règles, dans aucune circonstance et même s’il est persuadé que le contexte pourrait s’y prêter. À tout le moins, dans un tel cas, devrait-il recourir à un spécialiste des murs porteurs et non porteurs, de leurs conditions de résistances minimales et des normes qui les régissent.

Il y a une quinzaine d’années, j’ai été confronté à un dilemme de ce genre en rénovant un immeuble. Nous avions une poutre en béton armé à réaliser d’une portée de 8 mètres. Les professionnels consultés, parce que nous avions un budget limité, préconisaient une poutre de 45 cm de hauteur. Consciencieux et conscients des risques, nous avons fait appel à un bureau d’étude spécialisé qui, en appliquant la norme, a rendu un verdict très différent en préconisant de réaliser une poutre de 60 cm de hauteur, argumentant qu’une poutre de 45 cm pouvait résister, mais qu’il y avait une chance qu’elle finisse par casser.

Quel rapport avec l’accessibilité numérique ?

Dans le Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations, RGAA 3, nous avons un critère sur les contenus clignotants et les effets de flash (13.15) destiné à minimiser les risques de déclenchement de crises d’épilepsie notamment. Ce critère est assez pénible, difficile à gérer et à mesurer, et pendant une douzaine d’années, j’ai dit à son propos qu’on n’avait encore jamais vu un utilisateur faire une crise d’épilepsie devant un site web. J’insistais sur le fait qu’il fallait néanmoins respecter ce critère, mais j’ai laissé sans doute la porte ouverte à quelques-uns pour s’en écarter en estimant que dans le contexte, ma foi, le risque était négligeable…

En 2012, aux jeux olympiques de Londres, une vidéo non conforme a dû être retirée en catastrophe, car elle provoqua des crises d’épilepsie.

La seconde partie de cet article, publiée jeudi 17 mars, expliquera pourquoi la conformité est le moyen le plus sûr de s’assurer qu’un risque identifié est minimisé et comment l’utiliser.

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