Déclarer ses impôts en ligne devient possible !

Depuis plusieurs années, le Ministère de l’Économie et des Finances propose aux internautes de déclarer leurs impôts en ligne. Cela a longtemps été la croix et la bannière, mais pour la première fois cette année, c’était faisable !

Mise à jour du 28 mai 2018

Cette année aussi, j’ai déclaré mes impôts en ligne. Mais il y a eu quelques complications !

L’application ne fonctionne pas

J’ai tout d’abord voulu utiliser l’application de mon iPhone afin d’effectuer ma déclaration au plus vite. Une fois connectée, j’ai eu un message dont le contenu était à peu près le suivant :

Le service de déclaration en ligne des impôts est fermé depuis juin 2017. Il rouvrira dès avril 2018.

J’ai eu beau essayer plusieurs fois, j’avais toujours le même message. Un bug de l’application ? Il ne m’a pas été possible d’en déterminer la cause.

4 ou 5 jours après cette déclaration, mon iPhone m’a affiché une mise à jour de l’application des impôts. Celle-ci datait pourtant d’avril 2018 mais elle ne m’avait pas été proposée lors de sa publication. Je le saurai pour la prochaine fois et vérifierai en temps voulu.

Un contrôle de saisie défectueux

Mais sur le moment, je n’ai eu d’autre choix que de me replier sur la déclaration en ligne sur ordinateur. J’ai utilisé Firefox et j’ai pu vérifier sans problèmes toutes les informations à déclarer.

Au moment de signer, tout s’est compliqué. J’ai eu beau activer le lien « signer ma déclaration », il ne se passait rien.

Pensant qu’il s’agissait peut-être de Firefox qui bloquait l’ouverture du lien dans une nouvelle fenêtre, j’ai utilisé Edge. Même résultat ! J’ai tenté de simuler le clic souris au clavier, appuyé 15 fois sur le lien, rien ne se produisait.

En dernier recours, j’ai dû demander ce qui se passait à une personne voyante. La personne a elle aussi cliqué sur le lien et s’est tout à coup aperçue qu’un message d’erreur en rouge était apparu. Je n’avais pas indiqué ma « civilité ».

Étant donné que tous les champs, tels que le nom, le numéro de compte, etc, étaient pré-remplis, je n’avais même pas pensé à vérifier si ma civilité était cochée. Le titre de la page ne changeait pas, le focus de mon lecteur d’écran n’était pas positionné sur le message d’erreur ou le champ incriminé.

Quelle solution ?

Afin de remédier à ce problème d’accessibilité, qui est un gros obstacle pour une personne handicapée, reportez-vous au Critère 11.10 [simple-A] Dans chaque formulaire, le contrôle de saisie est-il utilisé de manière pertinente ?

Pour implémenter ce critère, consultez le guide de l’intégrateur, en particulier le chapitre consacré aux formulaires et sa sous-section erreurs de saisie.

La date limite pour déclarer ses impôts est dépassée dans certaines régions et bientôt échue pour d’autres. Il reste néanmoins à espérer que pour l’année prochaine, ces indications d’erreurs de saisie ne seront qu’un mauvais souvenir !

Historique

Depuis plusieurs années, le Ministère de l’Économie et des Finances propose de déclarer ses impôts en ligne. Ce service offre plusieurs avantages :

  • la disparition des formulaires papier ;
  • un délai supplémentaire pour effectuer sa déclaration.

Lorsque ce service n’était pas encore généralisé, y accéder, lorsqu’on était un·e internaute en situation de handicap, était problématique. L’identification requérait des codes complexes. Lorsqu’on ne voyait pas l’écran, il fallait l’aide d’une tierce personne pour s’identifier.

Une fois que l’on était connecté·e, remplir le formulaire était tout aussi compliqué, car les pages étaient très longues, et lorsqu’on avait besoin de plus de temps, pour lire tout le contenu de l’écran, ou pour saisir des informations, l’application demandait régulièrement de procéder à une nouvelle identification. L’accès à l’aide s’ouvrait dans une nouvelle fenêtre, sans prévenir l’utilisateur, les explications étaient difficiles à comprendre et il fallait beaucoup de temps pour tout remplir.

Les évolutions du service

Au fil du temps, l’identification est devenue plus simple. Pour la première connexion, il était nécessaire de se munir de trois données :

  1. le numéro fiscal ;
  2. le numéro de télédéclarant ;
  3. et le revenu fiscal de référence.

Il a ensuite été possible de saisir ces informations une seule fois pour toutes et de se créer un mot de passe personnalisé.

Aujourd’hui, si l’on a déjà créé son accès, on peut se connecter tout simplement avec son numéro fiscal de référence et son mot de passe. Le mot de passe n’est plus limité à trois ans mais peut rester le même. Et si on relie ce compte fiscal à un compte service-public, il est aussi possible de se connecter.

Avec la généralisation de la déclaration en ligne, on peut aujourd’hui accéder à une déclaration préremplie et la modifier si nécessaire. Si rien n’est à modifier, on peut valider la déclaration en quelques minutes.

Échecs et succès de la déclaration en ligne

Jusqu’à cette année, je n’ai jamais réussi à déclarer mes impôts seule. Les premières fois, à cause du système compliqué d’identification. L’année dernière, j’ai presque réussi, mais comme je m’étais connectée sous Windows avec Firefox, ma démarche n’a pas pu aboutir.

J’ai alors changé de navigateur et pris Internet Explorer, mais, au moment de signer numériquement ma déclaration, j’ai été bloquée.

Heureusement, même si la déclaration n’avait pas été finalisée, toutes les informations saisies étaient enregistrées, et grâce à l’aide d’une autre personne, nous avons pu la valider avec Safari sous Mac.

Depuis un ou deux ans, il est aussi possible de déclarer ses revenus grâce à une application sur mobile, mais jusqu’à cette année, ses fonctionnalités étaient très limitées.

J’ai décidé d’écrire ce petit article, car pour la première fois, je viens de réussir à déclarer mes impôts en toute autonomie. En voici les raisons :

  1. L’application mobile a évolué dans le bon sens : le revenu fiscal de référence est déjà mémorisé et il suffit de saisir son mot de passe. S’il n’y a rien à changer, on peut parcourir rapidement les informations pré remplies et signer la déclaration en quelques minutes.
  2. Cependant, si l’on veut être sûr⋅e que les informations saisies sont correctes, le service recommande d’utiliser le site en ligne. Là encore, si on a déjà un mot de passe, l’identification est rapide. Les écrans ne sont pas trop longs, et si l’on fait des modifications, cela se fait sans trop de problèmes. Seuls quelques boutons, pour avoir plus d’informations, ne sont pas labellisés correctement et donc, mal restitués par un lecteur d’écran.

J’ai donc vérifié toutes les informations préremplies à l’aide du lecteur d’écran NVDA et du navigateur Firefox sous Windows. Il n’y a eu aucun blocage et la procédure a pu être effectuée jusqu’au bout.

Conclusion

Même si en France, il reste beaucoup à faire, pour améliorer l’accessibilité des sites de l’administration électronique, cette petite expérience sur le site des impôts montre qu’il faut garder espoir, et qu’un jour, la plupart des citoyen⋅ne⋅s utilisant internet, pourront, de façon égale, et sans discrimination, effectuer leurs démarches administratives.

Bravo au site des impôts ! Espérons que très vite, d’autres services suivront votre exemple !