Access42, une entreprise libérée qui s’ignore ?

C’est l’été et ça fait bientôt un an que je suis chez Access42 (eh oui, le temps file). Forcément, un petit bilan s’est imposé. Qu’ai-je appris ? Qu’ai-je retenu ? Finalement, j’ai eu envie de vous parler d’une facette d’Access42 qui m’a marquée dès mon arrivée.

À mon sens, l’équipe a réussi à réellement instaurer le système de fonctionnement horizontal et l’esprit de confiance dont tant de startups se réclament, à plus ou moins juste titre. En fait, Access42 est une entreprise libérée qui s’ignore.

Commençons par la base : qu’est ce que l’entreprise libérée ?

Les définitions foisonnent sur le net, vous pouvez lire la page Wikipedia sur le sujet. Personnellement, j’aime bien cette définition du site manager-go.com :

Le principe de ces organisations est de laisser les salariés prendre des initiatives individuelles plutôt que de leur imposer des directives suivies de contrôles. Le postulat de base repose sur un climat de confiance et de reconnaissance des collaborateurs dans lequel leurs compétences peuvent pleinement s’exprimer, si et seulement si, une liberté totale leur est accordée.

Chez Access42, ça donne quoi ?

1. Organisation libre des salariés

C’est assez simple, chaque salarié·e s’organise comme il ou elle le souhaite. La seule règle en la matière est de prévenir l’équipe lorsque nécessaire. Tant que cela n’impacte pas les deadlines de nos clients, notre planning est 100% modulable. Concrètement, les horaires sont flexibles, les congés se posent à la convenance de chacun·e et le télé-travail est permis, voire encouragé ! Si nous faisons des heures supplémentaires, nous pouvons les récupérer facilement la semaine suivante. Nos outils de travail ne nous sont pas imposés non plus. Nous avons par exemple le choix de notre ordinateur (dans une limite de prix tout de même).

2. Absence de hiérarchie

Access42 fonctionne comme une structure horizontale, sans niveaux hiérarchiques. Chacun·e est responsable de ses missions et de ses projets. L’idée derrière cette organisation est que chacun·e d’entre nous est expert de sa pratique et est donc légitime pour gérer son activité. Il s’agit en fait d’un système d’auto-gestion. De par notre statut de SCOP, la gérance est élue (tous les trois ans), chaque associé peut donc aussi devenir gérant.

3. Salaire unique

Cette absence de hiérarchie se traduit également dans les salaires. En effet, chez nous, tout le monde touche le même salaire, quel que soit son ancienneté dans l’entreprise ou son niveau d’études. C’est une politique de rémunération originale dont je n’avais jamais entendu parler avant de rejoindre Access42 (et mes petites recherches ne m’ont permis de trouver qu’une autre entreprise ayant adopté ce principe). Mais ça permet que nous soyons tous sur un pied d’égalité, ce qui me semble une bonne chose.

4. Possibilité pour tous de s’impliquer

La parole est libre sur tous les sujets et chacun·e peut prendre part à un projet qui l’intéresse. Je me suis tout de suite sentie libre de donner mon avis, malgré mon inexpérience totale en accessibilité numérique. Si le dialogue est ouvert au quotidien, les séminaires, où toute l’équipe se réunit pour faire le point, sont des moments particulièrement propices pour faire part de ses idées et projets.

Pour en savoir plus

Jean-Pierre a donné une interview détaillée sur le sujet en novembre 2016. Il y explique comment le collectif s’est réapproprié le projet d’entreprise d’Access42.

Donc en fait, vous vivez dans le monde des Bisounours chez Access42 ?

Et là, vous vous dites Mais elle nous enfume, elle veut juste faire la promotion de sa boîte !. Bien sur, tout n’est pas rose et nous avons encore des choses à apprendre et des challenges à relever. J’en identifie trois principaux à l’heure où j’écris ces lignes :

  1. Nous avons besoin de mieux formaliser nos processus internes et notre système de prise de décisions. Être libre de son organisation, c’est formidable. Mais quand on travaille en équipe, il faut définir un système de fonctionnement commun pour travailler efficacement. Cela passe, par exemple, par l’utilisation d’outils internes communs. Chez nous, ces outils sont choisis en commun et testés, afin d’être accessibles et utilisables par tous les membres de l’équipe.
  2. Comment conserver l’état d’esprit d’une entreprise libérée tout en continuant à croître et à recruter de nouvelles personnes ? Il nous faut réussir à véhiculer notre culture d’entreprise aux nouvelles recrues.
  3. Comment concilier le fait qu’une partie de l’équipe soit à 100% en télé-travail alors que l’autre se voit régulièrement dans nos bureaux parisiens ? Bien sur, nous échangeons constamment, grâce à Slack et au téléphone, et nous organisons des séminaires, tous ensemble, plusieurs fois dans l’année. Mais est-ce suffisant ?

Ces défis sont bien réels mais nous pouvons dès maintenant capitaliser sur ce que nous avons déjà instauré. Réussir à mettre en place un fonctionnement démocratique, c’est déjà une belle réussite, non ?

Conclusion

Ce système de fonctionnement flexible et collaboratif a fait partie des éléments qui m’ont motivée à rejoindre Access42, au même titre que l’idée de participer à un projet pour rendre la société plus inclusive.

La possibilité d’en finir avec l’habituel modèle « présentéiste », où il faut absolument faire des journées de 9h à 19h30 et ne surtout pas partir le premier, est une véritable aubaine ! Je peux travailler quand je suis la plus efficace et mieux allier ma vie professionnelle et ma vie personnelle.

Plus largement, il me semble que nous avons tout à gagner à mettre en avant notre expérience d’entreprise libérée : ce que nous avons appris et ce qui fonctionne chez nous mais aussi les défis qui se dressent devant nous. Échanger sur le sujet nous permettra surement de découvrir d’autres façons de faire et d’améliorer notre organisation interne.