La Ville de Grenoble inscrit son site web dans une démarche globale d’accessibilité avec Access42

Dans le cadre de la refonte de son site web institutionnel grenoble.fr en 2024, la Ville de Grenoble a souhaité se mettre en conformité avec le RGAA qui transpose les exigences de la norme européenne EN 301 549, dans le respect des obligations légales applicables aux services publics.

Ce choix résulte aussi de sa conviction de rendre son site web accessible aux personnes handicapées, dans la continuité de la démarche d’accessibilité de la Métropole grenobloise.

Notre coopérative est intervenue dès le début du projet sur le volet accessibilité numérique : nous avons accompagné la municipalité et son prestataire, La Fabrique d’Orange Business. Nous avions déjà accompagné ce dernier lors de la refonte du site de Grenoble Alpes Métropole.

Vue sur Grenoble
Vue sur Grenoble depuis les bords d’un fleuve. En arrière-plan, les sommets enneigés des Alpes dominent le paysage. © Ville de Grenoble

Jérôme Steffenino, chef de projet Internet et responsable du pôle Grenoble Numérique, a porté la refonte de grenoble.fr aux côtés de Alain Tanière, chef de projet web de Grenoble Alpes Métropole.

Tous deux ont relevé le défi de combiner accessibilité et sobriété numériques, tout en développant une culture de l’accessibilité en interne grâce à des formations et des actions de sensibilisation.

Nous avons eu le plaisir d’interviewer Jérôme Steffenino début 2026 : il partage les points clés de cet accomplissement.

Comment est née la démarche d’accessibilité numérique de la Ville de Grenoble ?

Jérôme Steffenino : Lorsqu’on a décidé de refaire le site de la Ville de Grenoble, c’est-à-dire le site actuel, qui est sorti en novembre 2024, on s’est dit avec mon équipe qu’on allait le faire de manière accessible, d’autant plus que c’est une obligation légale.

Quelques mois auparavant, la Métropole avait sorti son site accessible, donc c’était logique que celui de la Ville de Grenoble le soit aussi.

Tout le monde était d’accord pour le rendre accessible, même si certaines personnes ont eu un peu peur au début.

On a rapidement intégré Access42 à la réflexion dès les premiers développements, notamment avec La Fabrique d’Orange Business, qui avait déjà développé le site de la Métropole.

Grâce à la refonte du site de la Métropole, la majorité de l’équipe avançait en terrain connu, en particulier les chefs de projet de la Fabrique d’Orange Business.

Access42 a suivi en permanence le projet et on les sollicitait en particulier quand on faisait de nouveaux modules un peu complexes pour l’accessibilité. Les développeurs étaient toujours encadrés pour éviter de partir sur de fausses pistes ou devoir refaire du développement derrière.

C’était évident pour nous de faire un site accessible, la question ne s’est pas posée : c’est la moindre des choses pour les personnes handicapées. Mais il faut dire que c’est beaucoup plus facile quand on travaille avec des développeurs et prestataires qui connaissent l’accessibilité.

En parallèle, on a aussi travaillé sur la sobriété numérique. Il n’y a pas de norme : même si le RGESN existe, ce n’est pas une obligation. On a donc suivi certaines recommandations pour faire le site le plus léger possible.

Viser la sobriété et l’accessibilité numériques, ça va bien ensemble : on retrouve de nombreux points communs, comme ça a été le cas sur le site de la Métropole.

Nous avons aussi fourni un gros travail pour améliorer le parcours utilisateur. Ça a contribué à l’accessibilité, car, en simplifiant des éléments à l’aune de la sobriété et de l’accessibilité, on a peu à peu rendu le parcours UX plus efficient.

Comment avez-vous réussi à embarquer vos équipes et vos partenaires pour intégrer l’accessibilité dans la refonte du site web de la commune ?

Jérôme Steffenino : Toute mon équipe, et toutes les personnes qui interviennent sur le site, à savoir une dizaine de personnes, ont été formées aux bases de l’accessibilité.

Les développements pour cette refonte ont commencé avant l’été 2024. Quelques mois auparavant, nous avons organisé une formation de deux jours dans nos locaux, à Grenoble, pour apprendre à produire du contenu éditorial accessible avec les outils bureautiques.

Cela nous a semblé plus simple de former tout de suite l’ensemble des contributeurs réguliers pour que tout le monde ait le même niveau de connaissance.

La formation d’Access42 était vraiment excellente. Elle nous a permis de comprendre pourquoi on fait de l’accessibilité, c’est-à-dire les enjeux humains qu’il y a derrière.

Si le site développé est accessible, mais pas les contenus, alors il ne sert pas à grand-chose. Avec cette formation, tous les doutes ont été levés et chaque membre de l’équipe est en quelque sorte devenu ambassadeur de l’accessibilité.

C’était naturel pour nous de chercher à rendre tous nos modules et contenus accessibles, quitte à sacrifier certaines choses, comme des diaporamas. Même si, au final, nous avons réussi à les rendre accessibles, nous les utilisons avec parcimonie.

Vous avez commencé par auditer et corriger l’accessibilité du site du Théâtre Municipal de Grenoble, dont de nombreux composants se retrouvent sur le site mère grenoble.fr. Comment est née l’idée de ce découpage ? En quoi cela a-t-il été bénéfique pour le déroulement du projet ?

Jérôme Steffenino – Nous devions changer la plateforme sur laquelle était le site du Théâtre Municipal. Il s’agissait du CMS open source Eolas, développé par La Fabrique, qui est utilisé par beaucoup de collectivités.

Or, le site du Théâtre doit sortir chaque année au mois de septembre. C’est pourquoi il est sorti neuf mois avant le nouveau site grenoble.fr, puis il a été réintégré au site grenoble.fr.

Au moment d’établir le planning pour la refonte de grenoble.fr, on savait que le Théâtre allait être intégré à ce nouveau site. C’est pourquoi nous avons demandé à Access42 de l’auditer, car il comporte de nombreux composants identiques.

En commençant le travail sur grenoble.fr, on était déjà très propre en termes d’accessibilité, car la structure était conforme au RGAA. Ça nous a permis d’avoir un bêta test, une sorte de bac à sable, même s’il était déjà en ligne.

Quels défis avez-vous rencontrés pendant la mise en accessibilité du site grenoble.fr ?

Jérôme Steffenino – Une des difficultés, c’est la mise en accessibilité de certains documents, comme les PDF : par exemple, les délibérations du conseil municipal, qui proviennent d’un outil non accessible. Il s’agit de contenus sur lesquels on n’a pas la main. Nous avons dû invoquer une dérogation pour charge disproportionnée. Celle-ci dure trois ans, mais, d’ici là, nous aurons changé d’application métier.

En tant que collectivité, on ne peut pas changer facilement une application métier, notamment à cause des marchés en cours avec des prestataires. Et comme il n’y a pas d’obligation faite aux sociétés qui vendent des applications pour les collectivités, leurs produits ne sont pas accessibles. On espère qu’avec l’entrée en vigueur de la directive européenne, cela change la donne.

Nous avons aussi limité le nombre de fichiers PDF, que ce soit pour des questions d’accessibilité ou de sobriété, ainsi que le nombre de vidéos.

L’essentiel c’est que les démarches et services soient accessibles, que les formulaires soient accessibles, par exemple pour les inscriptions scolaires, la cantine, ou la demande d’extrait de naissance. C’était inconcevable que les personnes handicapées ne puissent pas réaliser ces démarches.

Quels leviers la Ville de Grenoble met-elle en place pour conserver un excellent niveau d’accessibilité numérique dans le temps ?

Jérôme Steffenino – Une référente accessibilité va être nommée prochainement pour rédiger un schéma pluriannuel de mise en accessibilité numérique et encadrer les choses. Il y a certes une mission accessibilité au sein de la Ville de Grenoble, mais, comme dans la plupart des collectivités, ce type de service est souvent limité à l’accessibilité de l’espace public.

En parallèle, nous allons mettre en place des formations à travers la direction informatique, pour faciliter la production de documents accessibles. À terme, cela va régler le problème de l’accessibilité des PDF.

Nous veillons en permanence à l’accessibilité des contenus pour préserver notre niveau de conformité. Les équipes en charge de la contribution éditoriale sont systématiquement formées, même pour de petites contributions, comme mettre en ligne l’agenda de la ville. Dans la formation à la contribution globale sur le site, qui dure environ trois heures, il y a une heure dédiée à l’accessibilité numérique.

De manière générale, nous essayons toujours d’expliquer pourquoi nous faisons de l’accessibilité numérique. Quand on ne connaît pas le sujet, on ne s’imagine pas les impacts utilisateurs. Par exemple, justifier un texte, ça peut être problématique pour des personnes ayant des troubles DYS. Une fois que l’on explique l’intérêt, les personnes le comprennent et l’appliquent.

Nous avons réussi à embarquer les cinq chargées de communication de la Ville. Au départ, elles avaient des doutes, car elles ne connaissaient pas le sujet, mais maintenant, elles connaissent les bonnes pratiques. Elles essaient au maximum de trouver des alternatives dans les cas où elles créent un contenu qui n’est pas accessible.

Notre but, c’est de ne pas lâcher nos efforts, et, pour l’instant, nous y arrivons.

Comment envisagez-vous la création du schéma pluriannuel ?

Jérôme Steffenino – C’est la future référente accessibilité qui va s’en occuper avec Alain Tanière côté DSI et moi côté unité numérique. Nous allons nous inspirer des schémas produits par d’autres collectivités.

Nous y présenterons tout ce que nous avons mis en place sur le site de la Ville, ainsi que les formations dont nous avons déjà bénéficié et que nous allons pérenniser. En particulier, nous souhaitons que les formations bureautiques incluent systématiquement une partie consacrée à l’accessibilité numérique, car l’intranet doit aussi être accessible.

Avez-vous un dernier mot pour la fin ?

Jérôme Steffenino : Nous sommes très satisfaits de notre collaboration avec Access42. Ça s’est très bien passé. On a vraiment travaillé en collaboration, comme on le fait avec la Fabrique. Ce n’est pas une relation client-fournisseur : on est vraiment partenaires. Ça a été très apprécié et c’est à refaire !

On ne peut pas faire de l’accessibilité numérique s’il y a des gens qui traînent les pieds, qui ne sont pas motivés. Tout le monde doit comprendre que c’est indispensable. Pour ce projet, ça a été le cas, notamment grâce à la formation Access42 que nous avions suivie en amont de la refonte de notre site.

En réalité, dans tous les projets, c’est important d’effectuer ce travail de sensibilisation, car l’humain est naturellement réfractaire au changement. Ça peut être tellement déroutant qu’il faut les embarquer avec une sensibilisation dédiée.

Résultats

Le site web grenoble.fr est conforme au RGAA version 4.1 selon la déclaration de conformité publiée le 19 décembre 2024.

À noter : le site peut avoir évolué entre la phase d’audit et aujourd’hui. Si vous rencontrez des problèmes d’accessibilité sur le site, vous pouvez les signaler à la Ville de Grenoble ou au Défenseur des Droits.

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Publié le 29 juin 2026 – Mis à jour le 23 juin 2026