Comment organiser vos révisions avant l’examen de certification pour l’audit d’accessibilité numérique ?
Dans le cadre d’une reconversion ou d’une montée en compétences, vous vous êtes lancés dans l’apprentissage de l’audit en accessibilité numérique. Vous sortez peut-être même d’une semaine de formation, partagé entre l’enthousiasme de ce savoir nouveau et dubitatif face à sa mise en pratique.
Si vous n’avez pas d’entreprise pour vous encadrer ni de projet concret sur lequel vous faire la main, il n’est pas évident de savoir où commencer. Il n’y a pas si longtemps, c’était encore mon cas.
Dans cet article, je partage avec vous quelques pistes qui permettent aux plus novices de s’entraîner en autonomie, afin de progresser sereinement vers la certification.
Comment s’organiser ?
Pratiquer
C’est l’évidence même, c’est en auditant que l’on devient auditrice ou auditeur. Pour cela, il faudra choisir l’objet de votre audit, prendre une grille d’audit vierge et garder à disposition vos ressources de référence.
Au début, ne vous formalisez pas sur le temps passé, mais ne restez pas bloqué sur un critère récalcitrant, les révisions serviront à ça. Concentrez-vous sur la rédaction claire et précise de vos recommandations de corrections. Après quelques audits de mise en jambes, vous pourrez vous imposer une contrainte de temps.
Pour rappel, si vous passez l’examen de certification, vous aurez sept heures pour mener à bien l’audit d’une page complète.
Réviser
Pour chaque page auditée, prenez le temps de relire et questionner vos relevés :
- Est-ce que je comprends l’impact de la non-conformité pour les personnes handicapées ?
- Avec quelle aisance ai-je détecté la non-conformité sur ce critère ?
- Est-ce que le commentaire apporté est suffisamment précis pour qu’un lecteur extérieur puisse trouver l’erreur et la corriger ?
- Est-ce que j’ai réalisé l’audit de la page dans le délai imposé ? Sinon, qu’est-ce qui a freiné mon travail ?
Les réponses à ces questions doivent vous permettre d’identifier les points de friction. Le plus pénible deviendra alors l’objet de vos révisions pour les jours à venir.
Qu’il s’agisse d’une thématique ou de quelques critères isolés, concentrez-vous sur une charge que vous pouvez aborder sereinement pour solidifier vos connaissances.
Récupérer
La période d’apprentissage peut être très exigeante en concentration et fatigante. Vous aménager des temps de récupération est incontournable. Pour quelques minutes ou pour la journée, accordez à votre cerveau le repos nécessaire à sa bonne mémorisation.
En alternant théorie, pratique et repos, nul doute que vous améliorerez vos capacités de détection et la finesse de vos recommandations.
Auditer, oui, mais quoi ?
Maintenant que vous avez un cadre de révision, trouvons de la matière.
Auditer une page d’accueil
La page d’accueil est un bon choix de départ à plusieurs niveaux. C’est un point d’entrée fréquent pour les utilisateurs d’un site et c’est une page qui sera systématiquement présente dans l’échantillon de vos audits.
Elle permet de se familiariser avec le contexte du site grâce à ses contenus souvent riches et variés.
Auditer une autre page
Selon l’objet de votre étude, vous pouvez sélectionner une page d’après une thématique ou un critère que vous souhaitez approfondir.
Par exemple, pour affiner vos capacités de détection sur la thématique des formulaires, vous pourriez choisir une page de devis, de contact ou d’inscription.
Auditer une zone plus restreinte
L’audit d’une page complète peut être intimidant ou ne pas s’intégrer à votre planning. Dans ce cas, vous pouvez tout à fait mener des audits partiels, par exemple en vous limitant à un composant comme une modale, une zone pied de page, un bloc éditorial…
C’est l’occasion de s’attarder sur des contenus spécifiques. Les tableaux, les multimédias ou les documents téléchargeables ne sont pas présents dans toutes les pages, mais ils ne sont pas épargnés par les défauts d’accessibilité et méritent qu’on s’y intéresse.
En auditant des sites variés, vous vous familiariserez avec des erreurs répandues ou, au contraire, heurterez votre réflexion à des cas particuliers. Ne craignez pas de rencontrer de nouveaux cas d’usage, car c’est ainsi que vous vous forgerez une culture de la non-conformité.
Vous pouvez même créer votre propre « NCdex » : un index de non-conformités qui servira de boîte à outils pour y documenter les correctifs à associer à chacune.

Où trouver des ressources ?
Ressources pour auditer
Exercices fournis
Dans le cadre de la formation « RGAA : Auditer l’accessibilité numérique des sites web », Access42 fournit des corrigés à ses exercices et un audit blanc. Même après découverte, il peut être intéressant de les reprendre quelques jours ou semaines plus tard pour évaluer vos progrès.
Déclarations d’accessibilité
Les sites disposant d’une déclaration d’accessibilité y présentent les résultats de l’audit réalisé. Celle-ci informe de la liste des pages ayant fait l’objet d’une vérification, ainsi que la liste des non-conformités relevées. Sur cette base, vous pouvez mettre en place un jeu de « cherche et trouve ».
Par exemple : « Dans la déclaration d’accessibilité de bientôt-conforme.net, il est dit que “Un champ de formulaire au moins n’a pas d’étiquette”. Je peux dès lors chercher une représentation de cette non-conformité dans l’une des pages listées comme ayant fait l’objet d’une vérification ».
La méthode peut servir d’échauffement ludique, mais elle n’est pas sans faille. En effet, après un audit, il est courant que les équipes de développement entament des corrections et que certaines non-conformités référencées disparaissent. C’est à garder à l’esprit.
Ressources pour réviser
À force de pratique, les automatismes et connaissances viendront. Rien n’exige que vous connaissiez les référentiels, leurs critères et leurs tests par cœur.
Il est tout à fait normal (et recommandable) de vous appuyer sur des ressources fiables. Si ce n’est pas déjà fait, voici quelques liens à ajouter à vos favoris.
Ressources de références
Si la formation d’Access42 à l’audit d’accessibilité numérique se base sur le référentiel RGAA, d’autres ressources ne sont pas à bouder tant elles aident à comprendre les attentes de l’audit d’accessibilité numérique.
C’est le cas des WCAG, les règles pour l’accessibilité des contenus web sur lesquelles s’appuie le RGAA, mais aussi du RAWeb : ce référentiel d’évaluation de l’accessibilité Web offre une évolution du RGAA tenant davantage compte des critères de succès de la norme européenne EN 301 549.
Ne vous laissez pas décourager par leur densité. Prenez le temps de les découper et d’apprendre à leur contact. En vous familiarisant avec elles, vous en ferez les puissantes alliées de vos audits !
Support de formation
Il fallait en parler et tant pis si je donne l’impression de prêcher pour ma paroisse : la formation d’Access42 s’accompagne d’un support de cours.
Ne le laissez pas dormir dans votre dossier de téléchargement ! Connaissances, techniques, exemples, liens utiles, ce support peut encore vous être utile après la formation.
À ce jour, en activité, je l’ai personnellement toujours dans mes raccourcis navigateur.
Pour s’acculturer
Si vous saturez des normes, des règles et des exceptions, bonne nouvelle : l’accessibilité numérique ne se cantonne pas à ça !
Vous apprendrez aussi en écoutant des interviews de personnes concernées par le handicap, en lisant des articles techniques d’auditrices et auditeurs du milieu, en restant attentif à l’actualité des associations investies… Et pourquoi pas, en écrivant vos propres articles pour documenter vos avancées et découvertes.
Avant de nous quitter, voici quelques bonnes adresses à consulter à l’occasion :
- le blog d’Emmanuelle Aboaf, développeuse et conférencière sourde ;
- le blog de Julie Moynat, intégratrice et consultante en accessibilité, mais aussi membre du jury de certification d’Access42 ;
- la conférence sur l’accessibilité et l’IA (en anglais) de Léonie Watson.
Conclusion
Vaste projet que de devenir auditrice ou auditeur en accessibilité numérique ! Récapitulons.
- Commencez par trouver le rythme de révisions qui vous convient entre pratique, théorie et temps de repos.
- Appuyez-vous sur la matière à votre disposition et trouvez celle qu’il vous manque pour vous exercer.
- Accordez du temps à l’accessibilité numérique au-delà de l’aspect purement règlementaire, variez les sujets et les façons de les aborder jusqu’à les maîtriser de mieux en mieux.
Au bout du chemin se trouve l’étape de la certification, qui marquera la suite de votre parcours pour un web plus accessible.
D’ici là, bravo pour votre engagement et vos efforts, et bon courage pour vos révisions !